Franchir l'Orb

 

 

 

 

BEZIERS ...LIEU DE PASSAGE OBLIGE SUR L'ORB

ENCORE FALLAIT-IL LE FRANCHIR

 

 

Dans l'antiquité : 

 

Ni endiguée, ni freinée par des barrages, les eaux de l'Orb s'écoulent dans un lit vaste léchant les collines biterroises.

 

Par temps sec, on traverse à gué (voie hérakléenne... Hannibal) à hauteur du lieu dit « le Bosquet ». C'est là que, en rive gauche, s'implanta un premier habitat lacustre.

 

Époque romaine :

 

Au deuxième siècle avant JC, les Romains entreprennent la colonisation des territoires bordant leur « Mare Nostrum ». Afin d'assurer le déplacement des légions et les transports de marchandises, ils édifiront une grande voie de communication depuis Rome (Italique) jusqu'à Tarragone (Ibérique). Entre mer et montagne, le passage obligé c'est le franchissement de l'Orb au pied de l'oppidum celtibérien Beterra. Pour enjamber le fleuve cette « via domitia » nécessitera la construction d'un pont d'une quinzaine d'arches, au confluent de l'Orb et du Lirou.



Époque médiévale :

 

La cité biterroise est à la fois le chef-lieu de la Viconté des Trencavel et la porte « orientale » du Conté de Toulouse. D'où l'importance stratégique de cette ville, militaire, politique, économique et ayant valeur de symbole (résistance face aux Croisés en 1209).


L'Orb la protège sur son flanc occidental. Encore faut-il se mettre à l'abri de son franchissement. D'où la nécessité de protéger le pont et de l'entretenir.
Un texte fait d'ailleurs état de ce pont existant au XI° siècle, sans doute établi, en les renforçant sur les assises du pont romain.


Époque royale :

 

Après l'annexion par la cour de France des terres vicontales, au XIII° siècle, le pont sera protégé par une porte dite « du pont » et fera l'objet d'une attention toute particulière de la monarchie. Elle le renforcera et lui donnera une surlargeur par un encorbellement en plaquage, qui permettra de l'adapter à une circulation plus intense des chariots et diligences.
En cet état il sera le seul franchissement urbain du fleuve jusqu'au... XIX° siècle.



Le XIX ème siècle :

 

 L'embellie démographique et économique de Béziers, au milieu du XIX° siècle, conduira à une réflexion globale... et prospective pour assurer aux nouvelles voies de communication un franchissement maîtrisé, ordonné et sûr du fleuve.
À la fois pour la route, le canal et les chemins de fer.
Une enquête va être conduite, initiée par le Préfet de l'Hérault (arrêté du 20 février 1839).
« Réussir à Béziers » a entre les mains le rapport qui sera produit par Mr Mangeon, ingénieur des Ponts et Chaussées, rapport dans lequel il livre son opinion (16 mars 1839)  :
"dans l'intérêt des voies de communication les plus capables d'augmenter la prospérité de Béziers et de son territoire... j'affirme, sous ma responsabilité, que le meilleur emplacement pour le passage du chemin de fer est situé à 200 m en aval du vieux pont... il emprunterait un pont à deux étages : l'un supportant la voie royale (à 10m20 au dessus de l'étiage), l'autre supportant la voie ferrée (à 17 m au dessus de l'étiage)... en rive gauche la route s'infléchirait aussitôt pour contourner les 2 collines biterroises, alors que la voie ferrée se créerait un passage en tunnel sous l'église St Jacques et le plateau... ne s'infléchissant que bien plus loin, au delà du Capiscol, en direction de Praignes le Vieux... poursuivant alors jusqu'à Cette. Quant au canal, il conviendra de lui éviter le passage en rivière et de le faire transiter par un pont aqueduc...'

 

 

La suite ?...

 

En 1846... inauguré le ''Pont Neuf'' routier, qui ''acceptera'' le tramway.

 

En 1857... le chemin de fer choisira un pont transversal au débouché du canal de Riquet dans l'Orb

 

En 1857... un pont aqueduc fera dériver le canal en direction d'un port neuf.

       

 

 

Le XX° siècle :

 

130 ans plus tard, pour faire face à un accroissement du trafic routier et désengorger la place d'Espagne, la municipalité Fontés réalisera le pont d'Occitanie.

 

Au XXI° siècle :

 

Le développement, à l'Est , de l'agglomération biterroise, la desserte des plages, la jonction des deux autoroutes, le doublement prévu de la rocade... Autant d'éléments à prendre en compte pour imaginer un nouveau franchissement des voies littorales (canal-route-chemin de fer) qui devrait justifier la réalisation d'un grand ouvrage d'art au delà des moulins neufs...(simple hypothèse...mais...).

 

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