Développement urbain - 1. La contrainte géographique

Développement urbain

La contrainte géographique

Le noyau central de référence originelle ne pourra s'imposer « ne varietur » une fois pour toutes, tant la contrainte géographique et physique sera déterminante.

Au Nord, le ruisseau de Bagnols, talweg du four à chaux, vieille glacières souterraines sous la colline du cimetière vieux.

À l'Ouest, et se prolongeant vers le sud, l'Orb, fleuve capricieux, impétueux, aux débordements dévastateurs.
À eux deux, Orb et Bagnols, par leur abruptes dépressions, soulignent les falaises de cette colline biterroise qui, jadis, surplombaient la mer.


À l'Est
, c'est le ruisseau de St Antoine qui, sans être infranchissable, accompagne et accentue la déclivité de la colline biterroise orientale, avant une rencontre vers le pech de Valras.

 

 

Le site de Beterra (Béziers)


- Un premier habitat (de type lacustre) en rive gauche de l'Orb prendra racine au VII siècle avant JC mais sera vite abandonné en raison des humeurs du fleuve


- Un deuxième habitat se mettra à l'abri des inondations sur l'élévation la plus proche.

 
- Un troisième habitat s'istallera sur la colline dite « biterroise », au VI siècle avant JC. Celtes grecs, romains, d'un opidum défensif feront une cité dynamique, commerciale et politique.


Elle se développera au Moyen Âge, se renforcera sous la monarchie et, jusq'au XIX° siècle, s'enracinera sur ce site, ne se décidant à dévaler vers le ruisseau St Antoine qu'au moment de l'explosion démographique de la deuxième moitié du XIX° siècle.

 

Ces quelques repères suffisent à esquisser cette géographie contraignante qui allait figer et conditionner le cadre et les bases physiques qui président à l'organisation urbaine de la ville. D'autant que d'autres contraintes, celles là imputables à l'homme, vont renforcer les contraintes naturelles.

Ainsi en sera-t-il :

 

- au XVII° siècle : du tracé du canal Royal des Deux Mers.

 

- au XIX° siècle : d'un deuxième bras du canal et du port neuf, et surtout, des            emprises des chemins de fer du Midi.

 

Dés lors, mais déjà bien avant le XVII° siècle, toutes les actions entreprises par les Biterrois occupant le site que nous qualifierons d'historique, devront se cantonner à l'intérieur d'une enceinte murale de 4 km de développement au maximum.

 

Et ce pratiquement jusqu'au début du XIX° siècle.

 

C'est donc à l'intérieur de ce micro territoire urbain que seront regroupé l'ensemble des fonctions qu'une ''unité urbaine'', la ville, se doit d'assurer à sa population :

 

- fonctions religieuses (Évêché..jusqu'à la fin du XVIII° siècle).

- fonctions politiques et administratives (chef lieu d'arrondissement).

- fonctions judiciaires (Tribunaux, auxiliaires de justice, prison).

- fonctions d'enseignement public et privé (écoles, collèges, lycées).

- fonctions sanitaires et hospitalières.

- fonctions ludiques (cinémas, cafés-concert, bars, brasseries).

- fonctions culturelles (musées, théâtre).

- fonctions bancaires..etc..

 

C'est une évidence, la ville est organisée, structurée en un seul pôle géographique, unique pôle multi fonctionnel par nécessité.

 

Cette situation perdure longtemps... avant d’être contestée et bousculée.

 

- Bousculée par l’avènement d'un flux démographique débridé, aspiré par                      l'attractivité d'une ville emportée dans une embellie économique liée à l'essor de      la viticulture... au milieu du XIX°siècle.

 

- Bousculée par le développement soudain et l'émergence de grandes voies de              communication et de moyens de transport plus rapides, raccourcissant les                distances et le temps. Ce sera, notamment, la ''révolution ferroviaire''.

 

Dés lors et pour la première fois de manière considérable, la notion de déplacement, de communication, de transport, allait s'immiscer dans l'extension de la ville et sa réorganisation.

 

Désormais cette notion nouvelle de mobilité émergeante devra être prise en compte comme un élément incontournable pour penser la ville de demain. Il faudra penser en effet :

 

- une nouvelle vision économique et industrielle pour Béziers.

- un nouveau comportement pour les citadins de cette ville.

 

Autant les implantations industrielles et les entrepôts s'accapareront les grands axes de communication, vers la plaine, la gare et le canal, autant vont se ruer vers le centre aux structures médiévales, au risque de l'engorger, diligences, fiacres, charrettes, transportant voyageurs et marchandises, desservant artisans, commerçants et autres services de ''proximité'', comme l'on dirait aujourd'hui.

 

Ce phénomène de mutation urbaine, ainsi engagé, va s'accentuer durant la moitié du XX° siècle, avant d'être aggravé irrémédiablement, avec l'apparition de l'automobile.

 

 

Et le tramway, qui fera son apparition alors répondra à un besoin de liaison de la ville vers la mer, plutôt qu'à une nécessité de déplacement et de transport des Biterrois, travail/domicile, puisqu'aussi bien habitat et bureaux ou commerces étaient concentrés sur un même pôle multiservices.

 

Et la période d'une vingtaine d' années qui s'écoule entre les deux guerres mondiales s'accommodera de cette situation, sans que soient recherchée de solution pour l'avenir, sans que soit remise en cause l'organisation spatiale de la ville.

 

A la fin de la 2° guerre mondiale... les événements vont se précipiter.

 

 

 

 

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